Une parenthèse lumineuse dans l’espace
En 1971, Achille Castiglioni donne vie à un projet imaginé à l’origine avec Pio Manzù. Le principe est d’une simplicité remarquable : une tête lumineuse qui glisse verticalement sur un câble tendu du sol au plafond, maintenu par un contrepoids. La lumière peut ainsi changer de hauteur, de position et de rôle sans que la structure perde sa pureté.
Le nom Parentesi vient du tube métallique courbé qui maintient la source lumineuse, évoquant directement le signe typographique de la parenthèse. Cette invention, à la fois très technique et presque ludique, a valu à la lampe le Compasso d’Oro en 1979.
Le geste de Castiglioni et Pio Manzù
La force de Parentesi tient dans cette idée chère aux Castiglioni : partir d’un mécanisme simple pour créer une nouvelle manière de vivre avec un objet. Ici, le mouvement devient directement visible. Le tube façonné coulisse sur le câble et permet d’éclairer une table, un fauteuil, un mur ou un coin précis de la pièce.
Le projet est d’autant plus singulier que Pio Manzù est décédé en 1969, avant la réalisation finale de la lampe. Castiglioni développe ensuite le projet à partir des premiers dessins de Manzù, en conservant son idée et en lui donnant sa forme définitive. Une collaboration inachevée devenue l’un des grands classiques de Flos.
Le noir et le mouvement comme matière
Dans cette version, le noir souligne le caractère graphique de l’ensemble. Le tube métallique se détache avec précision sur le mur, tandis que le câble reste presque invisible jusqu’à ce que l’on remarque son tracé vertical.
La véritable matière de Parentesi est pourtant le mouvement. La source lumineuse se déplace du bas vers le haut, permettant de modifier l’ambiance sans changer de luminaire. Cette liberté donne à la lampe une dimension presque architecturale : elle ne décore pas seulement un espace, elle permet de le redessiner.
Une lumière qui suit les usages
Avec son câble de 4 mètres, Parentesi accompagne différents moments de la journée. Plus basse, elle peut venir créer une lumière proche et intime ; plus haute, elle diffuse davantage dans la pièce et souligne l’architecture environnante.
La tête orientable permet également de diriger la lumière avec précision. Dans un salon, une bibliothèque ou un bureau, la lampe peut ainsi changer de rôle au fil du temps. Flos propose aujourd’hui Parentesi en plusieurs coloris et en versions On/Off ou avec variateur intégré au câble.
Caractéristiques
Designer : Achille Castiglioni & Pio Manzù
Éditeur : Flos
Modèle : Parentesi
Année de création : 1971
Type : Lampe à suspension réglable
Coloris : Noir
Dimensions : L11 × H58 cm
Longueur du câble : 4 m
Structure : Tube en acier façonné
Câble : Acier tendu du plafond au sol
Contrepoids : Fonte
Tête de fixation : Élastomère moulé noir
Mouvement : Réglage vertical
Orientation : Source lumineuse orientable
Source lumineuse : Ampoule 150 W selon la configuration indiquée
Version : On/Off
Particularité : Possibilité d’ajouter une seconde source lumineuse au système
Distinction : Compasso d’Oro ADI, 1979
Utilisation : Salon, bibliothèque, bureau, chambre, espace de lecture
Flos indique aujourd’hui que Parentesi peut recevoir plusieurs sources et existe en versions On/Off ou Dimmer. La fiche actuelle précise également qu’une ampoule est vendue séparément sur les versions contemporaines.
Une ligne qui accompagne le soir
Lorsque la journée ralentit, Parentesi devient presque un geste dans la pièce. On fait glisser la lumière plus bas, près d’un fauteuil, puis on la remonte pour laisser apparaître les volumes du salon.
Le
câble noir, le métal, la lumière qui change de hauteur : tout semble très simple, presque évident. Pourtant, cette simplicité continue de fasciner plus de cinquante ans après sa création.
Parentesi n’est pas seulement une lampe que l’on allume ; c’est une petite architecture lumineuse que l’on déplace au gré de la vie.